Rénovation et aménagement de deux logements dans un corps de ferme protégé

Situation

Veyrier - Genève

Mandataires

OA Studio du Paysage

Partenaires

MURIEL PORTIER IMMOBILIER SNC COURTAGE

Date

projet février 2021- autorisation construire août 2021

Programme

Logements PPE à la vente

Information

Projets, Patrimonial, Habitation

Explicatif de projet :


1. Contexte

 

Le projet se situe au 30, chemin Jules-Édouard-Gottret à Veyrier se développe sur la parcelle n°2518, qui est en zone 4B protégée. Depuis 1825, une bâtisse recensée à la valeur 4+ en valeur rouge dans l’inventaire du Canton de Genève, et transmise transmise de génération en génération. Elle a aujourd'hui perdu son usage agricole et ne sert plus que de logement et de stockage.

 

Suite à la pré-consultation du service des monuments, de la nature et des sites, ce dernier ne s’oppose pas à une transformation, mais demande que soient respectées les structures primaires de cette bâtisse.

 

Le projet que nous avons développé vise en priorité à préserver et remettre en valeur les éléments originels de cet ensemble rural et ce, par le biais d’une intervention raisonnée et d'interprétations contemporaines. Le langage rural sera également conservé et réhabilité grâce à l’usage de matériaux bruts et traditionnels tels que des enduits à la chaux, des menuiseries extérieures en bois, de la pierre ou encore des ferblanteries en cuivre.

 

Par interprétations contemporaines, nous entendons surtout une unité et une cohérence. Force est de constater que les transformations maladroitement réalisées ces dernières années ont brouillé la lecture de la substance d’origine de cette bâtisse et fait perdre énormément de ses qualités spatiales. Notre intervention portera donc également sur la réintroduction de cette unité globale pour cet ancien rural dont l’exploitation est aujourd’hui très peu fonctionnelle au vu de la très généreuse superficie à exploiter.

 

Cette habitation mal entretenue nécessite des travaux intérieurs importants, permettant de répondre au nouveau programme de deux appartements familiaux dans le respect des normes actuelles.

 

Un travail d’isolation est prévu ainsi que la création de nouvelles ouvertures en façades, en gage de qualité et d'habitabilité des espaces existants. De plus, actuellement les distributions verticales intérieures ne sont pas adaptées aux typologies projetées. Les escaliers existants à 45° ne respectent pas les normes et devront donc être remplacés.

 

2. Analyse historique

 

Selon nos recherches historiques et nos discussions avec la famille, la bâtisse vivait au rythme des saisons et sa division témoigne de ses usages successifs. 

 

L'habitation sur trois étages a historique-ment toujours été située à l'entrée à droite. La travée circulante centrale permettait de rentrer les charrettes et le foin et l'entrée de gauche était l'entrée  de l'écurie. Cette répartition typologique et structurelle est étroitement liée à l'usage et aux fonctions originelles.

 

À l'époque, durant la période hivernale, les chevaux étaient exploités pour le transport de la "matière du Salève" sur les chantiers en ville ; l'été était en revanche dédié à  l'agriculture, l'exploitation des vergers de la propriété et au stockage du fourrage dans le fenil.

 

La division tripartite est encore aujourd'hui clairement lisible de par la structure en moellon, que nous tenons à valoriser pour le développement du projet. Cependant, les transformation intérieures qui ont été réalisées dans les  années 1970 ont brouillé la lecture des volumes, de par des adjonctions et des jeux de paliers intermédiaires, qu'il semble aujourd'hui impératif de supprimer.

 

Le généreux espace des combles qui servait autrefois de grange n'est malheureusement plus qu'un espace de grenier pour  les propriétaires actuels. 

 

3. Etude de faisabilité

 

Dans un soucis de conservation du patrimoine, nous souhaitons revaloriser au maximum la substance  historique originelle de cette bâtisse, en s'affranchissant de toutes les constructions secondaires survenues en 1970 tels que les planchers secondaires et les cloison-nements hasardeux.

 

Nous avons envisagé de créer trois logements, en suivant verticalement la travée tripartite. Cependant, la faible surface disponible au stationnement côté cour a bien démontré l'impossibilité de projeter trois logements, car nécessité six places de parking : seuls quatre véhicules peuvent stationner. Les trois logements auraient nécessité six places de station-nement ; deux places auraient dû être négociées sur la chaussée publique, ce qui va à l'encontre de la politique de la commune de Veyrier.

 

Ainsi, conformément à l'article 5 alinéa 3 du RPSFP, pour le secteur V : 

Dans tous les périmètres, le nombre minimum exigé de places pour les voitures est de 2 pour les maisons individuelles ou contiguës dont la surface brute de plancher excède 125 m2. Pour les logements collectifs, le ratio minimal exigible ne peut pas excéder 2 places de stationnement pour voitures par logement.

 

Nous projetons donc de créer un maximum de deux logements, bénéficiant de deux places de stationnement chacun et ceci dans le respect total de la morphologie d'originie

 

4. Le projet

 

En révélant la substance originelle du bâti, nous pouvons proposer deux appartements ruraux spacieux, jouissant de généreuses hauteurs sous-plafond. Ces deux habita-tions familiales d'exception pourront ainsi bénéficier de beaux espaces verts sur la partie Nord-Ouest de la parcelle.

 

La toiture est actuellement dépourvue de toute ouverture. En corrélation avec les lucarnes déjà largement présentes sur le chemin Jules-Édouard-Gottret et la pré-consultation auprès de Madame Planchot du SMS, nous projetons de créer trois petits "chiens-assis" habillés de cuivre, pour illuminer naturellement les nouvelles chambres des futures combles aména-gées. Une tabatière affleurée à la tuile, de dimension modeste,  sera également créée  pour que la nouvelle salle de bains de l'étage puisse bénéficier d'un apport lumineux naturel.

 

Les nouvelles ouvertures en façade que nous projetons sont le fruit d'une inter-prétation et une composition  contem-poraine et raisonnée de la bâtisse.

 

Cette maison nécessite un important travail d'isolation thermique intérieur, afin de répondre aux nouvelles exigences, sans perturber le langage rural de la façade. Nous privilégions pour celle-ci l'usage exclusivement de matériaux bruts et traditionnels, tels que l'emploi d'enduits à la chaux, des menuiseries extérieures en chêne, la pierre ou encore des ferblanteries en cuivre.

 

Lors de la composition du projet, une attention particulière a été apportée à la conservation stricte de la position et de l'altitude des poutres, des solives, des planchers et de la charpente d'origine, qui seront valorisés dans les futurs espaces.

 

Les circulations verticales actuelles ne correspondent plus aux normes actuelles et ne permettent pas une circulation fluide dans les deux futures habitations. Il est donc prévu de créer de nouvelles distributions verticales sur les trois niveaux, dans l'axe de la toiture et contre les murs pignons.

 

Selon les exigences thermiques, deux panneaux thermiques et quatre panneaux photovoltaïques seront posés en  bordure de toiture Sud et seront affleurés à la tuile.

 

Enfin, un second escalier d'accès sera créer côté jardin pour permettre à la deuxième habitation de profiter du jardin.

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